« Je suis une déracinée. Dans le sens où je suis partie d’ailleurs, l’Indonésie, pour planter mes racines dans un autre « ailleurs », la France. La musique a toujours été mon passeport pour aller d’un pays à un autre. »

Anggun connaît la force du voyage. Son attraction aussi. Bien qu’elle connaisse le succès dès l’âge de 9 ans en Indonésie, où elle publie quatre albums classés n°1 des ventes, une petite voix lui murmure à l’oreille de s’envoler, pour se découvrir. Elle n’a pas encore 20 ans, mais l’envie de dévorer la vie, connaître celle des autres et enfin se connaître elle-même. Sa carrière internationale, elle la démarre après avoir fait escale à Londres, puis à Paris, où une rencontre décisive a lieu en 1996 et lui permet de lancer « La Neige au Sahara » qui connaitra le succès dans 33 pays (Anggun devenant l’artiste francophone la plus vendue à l’export cette année-là).

« Il y a énormément de richesses dans le monde qui méritent d’être mises en lumière. C’est pour cela que j’ai eu envie à nouveau de faire un album pop world.» Et qui mieux qu’elle pour ça ? Elle n’avait qu’une chose à faire, puiser dans sa « mémoire sonore » comme elle le dit si bien. Se souvenir de l’île de Java, où elle est née, penser au romantisme de Paris, où elle vit, sourire en évoquant la jovialité québécoise où elle a vécu, se replonger dans la pop des Beatles dont elle est fan, revoir en songe les beautés de l’Asie, se remémorer ces rencontres qui ont changé sa vie… Anggun, en véritable femme du monde, chante de sa voix à elle nos vies à tous. L’album Toujours un ailleurs est un album authentique, aux mélodies tintées de sonorités pop du monde entier, qu’elle seule pouvait chanter.

Talentueuse, rayonnante et atypique, Anggun est une citoyenne d’ici et d’ailleurs, engagée, qui saisit sa plume dès qu’elle ressent la moindre injustice, comme en avril dernier où elle s’est adressée directement au président Indonésien pour s’élever contre la peine de mort. Récompensée par un World Music Award en 2014, Anggun suscite l’admiration du public mais également d’artistes prestigieux. Un milliard de téléspectateurs la regarde chaque semaine dans Asia’s Got Talent dont elle est une des jurés. Et elle a eu la chance de collaborer avec des artistes internationaux de renoms tels que Peter Gabriel, Julio Iglesias, Charles Aznavour, Zucchero,  Bryan Adams…
De quoi nourrir ce nouvel album, véritable carnet de voyages et de souvenirs.

Dans sa volonté de construire des ponts entre elle et le monde, entre nous et les autres, Anggun met sa voix au service de chansons personnelles aux messages universels. « À nos enfants » en est la parfaite illustration. « Quand on voit notre monde, avec tout ce qu’il a de bancal ou de mal, d’incompréhensible… On se dit que tant qu’il n’arrivera rien à nos enfants, tout ira bien », c’est ainsi qu’Anggun pose son regard sur un monde qui s’égare parfois, un monde qui s’éloigne des vraies valeurs. Une piqûre de rappel nécessaire, qui nous ramène à l’essentiel. C’est l’auteur-compositeur Frédéric Chateau, principal réalisateur de ce nouvel album, qui trouvera les mots justes et simples pour exprimer ses préoccupations de mère. Car Anggun est avant tout maman d’une petite fille de 7 ans, marraine de l’association La Voix de l’Enfant et Ambassadrice de Bonne Volonté à l’ONU sur les questions liées à la faim dans le monde. De sa voix si singulière, Anggun s’adresse à chacun de nous mais interpelle surtout. Plus qu’un titre poignant, « À nos enfants » est une ode à l’amour, tout simplement.

Comme en témoigne aussi « Nos vies parallèles », qui est avant tout l’histoire d’une rencontre : celle de deux artistes majeurs de la scène musicale française. La rencontre de deux personnalités authentiques, de deux univers, de deux cultures. Une rencontre humaine qui s’est faite il y a près de 20 ans. Au hasard d’une rencontre, le destin mettra sur son chemin celui qui va changer sa vie : Florent Pagny. Séduit par sa voix singulière et envoutante, il lui présente son producteur musical de l’époque, Eric Benzi. Leurs chemins se croiseront souvent… chacun se réjouira du succès de l’autre à distance… Deux destins parallèles, deux histoires entremêlées, de Bali à la Patagonie en passant par la France. La distance n’efface pas les liens. En pleine préparation de son album, Anggun propose à Florent d’interpréter avec elle le titre que Frédéric Chateau leur a écrit : « Nos vies parallèles » un titre à l’image de leurs vies, de leur histoire commune. « Cette chanson, avec le petit train dans la plaine, c’est exactement ma vie en Patagonie, et quand j’ai lu pour la première fois les paroles, je me suis vu chez moi… », confie Florent Pagny. L’artiste Colombien Yuri Buenaventura acceptera avec joie de les accompagner sur ce duo authentique. Le mélange des genres et des origines, toujours…

Avec « Née quelque part » de Maxime Le Forestier, Anggun se livre et chante : « être né quelque part, c’est partir quand on veut, revenir quand on part ». Rien de plus normal pour cette amoureuse des autres, que d’inviter sur ce titre une figure de la world music, Angélique Kidjo, cette artiste béninoise « lumineuse et solaire » récompensée plusieurs fois aux prestigieux Grammy Awards.

Si Anggun parcourt le monde à la vitesse de la lumière, c’est pour toujours mieux revenir auprès des siens, peu importe où ils se trouvent. « J’ai longtemps cherché un endroit parfait pour vivre, mais je crois que ça n’existe pas. Peut-être que c’est nous qui nous le créons dans notre tête, et c’est le plus important », dit-elle en évoquant « Perfect World ». Ce besoin d’un ailleurs, refuge quand ça ne va pas, moteur pour voyager, l’écrivain David Foenkinos (La délicatesse, prix des Dunes 2010, Charlotte, prix Renaudot 2014), l’a deviné en elle. Avec la chanson « Toujours un ailleurs », qui donne son nom à l’album, il dresse un portrait d’Anggun émouvant et sincère. Celui d’une femme qui vient de quelque part, mais qui est partout, forte d’avoir laissé un passé, pour se construire un futur qu’elle a choisi, fait de musique et d’évasion, de voyages et de passion.

Et parce qu’il faut toujours avoir le regard porté le plus loin possible, Anggun choisit sur « À quelques pas de nous » les mots d’Isabelle Bernal (parolière du très beau « Seul » de Johnny Hallyday) pour nous raconter une histoire, celle de Nelson Mandela, portée par une mélodie forte, aérienne et entêtante. Sur ce même titre, elle reprend le thème mythique de « Sweet Lullaby » de Deep Forest, la référence world music (récompensé par deux Grammy Awards et quatre Victoires de la Musique), avec lequel elle a déjà collaboré dans le passé. Sur le titre « La promesse », Anggun nous emmène dans un univers celtique avec une ballade enivrante racontant l’histoire d’un couple qui s’unit avant de mourir. Elle vogue aussi sur les océans dans « Mon capitaine » tout en parlant de cet amour rassurant dont chaque femme a besoin selon elle, et fait un détour par le Japon et ses notes apaisantes dans « Aucune différence », hymne à la tolérance et à l’égalité de tous. Anggun s’entoure enfin de la célèbre équipe Metrophonic (producteurs d’Enrique Iglesias, Celine Dion, James Morrison et Nelly Furtado,…) avec laquelle, elle co-écrit et co-compose trois titres. « Perfect world » et « Un jour à la fois » sont le fruit de cette collaboration, tout comme « Il suffit » où elle mélange l’Indonésien, sa langue natale, et le Français, sa langue de cœur : « il suffit de regarder devant soi, il suffit de la vie autour de soi… ». C’est l’ADN d’Anggun. Toute sa vie, elle s’est nourrie de rencontres, de découvertes, de voyages. Des trésors qu’elle partage aujourd’hui avec Toujours un ailleurs.

« Je veux que cet album soit une invitation pour ceux qui l’écoutent. Qu’il les invite à se découvrir eux-mêmes. Le voyage nous permet de revenir à l’essentiel. »
Anggun le sait, elle l’a fait. Cet album est plus qu’un retour. C’est un cadeau.